les faits

1. Les eaux du Golfe sont régulièrement polluées

D’après les données officielles que nous avons pu recueillir auprès de GMVA, les articles de presse et les arrêtés municipaux que nous avons pu collecter, il ne faut aucun doute que les eaux du Golfe sont régulièrement contaminées par des polluants organiques et sans doute minéraux. Ces épisodes de pollution sont de plus en plus fréquemment documentés. Pour l’année 2025, nous avons trouvé trace de 24 épisodes, traduit par des fermetures de plage à la baignade et/ou au ramassage des coquillages. C’est plus du double de 2024.

Source: Calculs de Golfe En Transition à partir des articles de presse et des arrêtés municipaux.

Golfe en Transition a sollicité GMVA pour obtenir les données de mesure collectées dans le Golfe par l’ARS ainsi que par l’agglomération qui réalise des prélèvements supplémentaires, lors d’épisodes particulièrement pluvieux ou d’incident. Ces données d’intérêt public sont disponibles pour toute l’année 2025 en téléchargement sur notre site. Golfe en Transition remercie GMVA pour cette communication et cet exercice de transparence. Ces statistiques sont éloquentes.

Sur la saison estivale 2025, entre début juin et la mi-septembre, 583 prélèvements ont été effectués. Dans 25% des cas, des bactéries indicatrices de la qualité du milieu, E. coli et entérocoques, ont pu être recensés. L’eau de baignade n’est pas de bonne qualité dans ces cas-là. Dans 12% des cas, les traces de bactérie sont inférieurs aux seuils réglementaires mais dans 12% des cas, soit une fois sur 8, la qualité de l’eau est jugée dégradée.

Ce qui est frappant c’est que le risque de prélèvements positifs est 9 fois plus fort lors des contrôles supplémentaires (74%) que lors des contrôles « de routine » de l’ARS (8%). Cela interroge sur l’efficacité du protocole de mesure de l’ARS et sur l’opportunisme du calendrier de prélèvements. On ne détecte des pollutions que lorsqu’on les suspecte. Les détections « au hasard » sont beaucoup plus rares. Cela suggère en creux, que la pollution des eaux du Golfe est probablement massivement sous-estimée par les prélèvements estivaux de l’ARS, qui n’ont lieu qu’en été, quand il ne pleut pas. La décision de GMVA de réaliser des contrôles supplémentaires dans les moments défavorables doit donc être saluée, car cela permet de lever le voile sur l’étendue du problème.

Source: Calculs de Golfe En Transition à partir des données transmises par GMVA.

2. La situation se dégrade

Cette hausse importante des alertes officielles est liée à une aggravation de la pollution. Le travail de l’association Eaux et Rivières de Bretagne a partir des données officielles de l’ARS montre clairement que la qualité des eaux de baignade (en été donc), s’est dégradée entre 2024 et 2025. Ceci est flagrant lorsque l’on compare les cartes de la belle plage pour 2024 et 2025:

Pour autant, la hausse des épisodes de pollution recensés ne reflète pas qu’une aggravation du problème. La prise de conscience des citoyens et des élus progresse sur ces sujets. Des actions comme la belle plage ont permis de sortir du déni. La couverture médiatique du sujet s’amplifie. Les élus et la préfecture ont peut–être tendance à prendre des mesures restrictives aujourd’hui, qu’ils n’auraient pas prises il y a quelques années.

3. Les quantités d’eaux usées rejetées dans le Golfe sont collossales

Golfe En Transition a aussi recueilli auprès de GMVA l’historique des incidents conduisant au rejet d’eau usées dans le milieu naturel, et donc in fine le Golfe. Ces donnés brutes sont disponibles sur notre site pour la partie du réseau gérée par la SAUR et pour la partie en régie.

Les incidents sur la seule année 2025 sont très nombreux. On en note 310 sur la partie gérée par la SAUR et 38 sur la partie en régie. Les égouts débordent donc presqu’une fois par jour quelque part dans le Golfe. La durée des incidents est disponible de façon systématique mais pas nécessairement les volumes rejetés qui ne sont disponibles de façon exhaustive que pour la partie en régie. Sur le réseau géré par la SAUR, seuls les plus gros incidents, avec des volumes moyens de 14,000 m3, sont précisés.

Au total, sur l’ensemble du réseau, les rejets d’eaux usées dans le milieu mesurés en 2025 ont atteint 266,000 m3. Soit l’équivalent de 106 piscines olympiques sur l’année, une tous les trois jours.

En rapprochant de façon statistique la durée des incidents avec les volumes mesurés pour la partie SAUR, on peut estimer grossièrement les données manquantes. Ces volumes rejetés non mesurés sont en moyenne beaucoup plus faibles: 1,100m2 par incident contre 14,000 lorsqu’ils sont publiés. Mais comme ces « petits » incidents s’avèrent très nombreux, 290 par an tout de même, le volume total d’eaux usées rejetées dans le milieu est probablement très important. D’après notre estimation, il s’élèverait à 330,000m3 par an.

Au final, la quantité d’eaux usées rejetées dans le Golfe devrait avoisiner en 2025 les 600,000m3. Soit une piscine olympique toutes les 36 heures.

4. Les pollutions sont concentrées au mois de janvier et février

L’analyse des rejets dans l’environnement des eaux usées montre que l’essentiel des volumes sont relâchés entre janvier (80%) et février (15%). Les rejets effectués entre juin et septembre, lorsque la qualité de l’eau est mesurée, représentent moins de 5,000m3. Comme 25% des prélèvements à ces dates sont positifs, il est très probable que les contaminations bactériennes des eaux du Golfe lors des mois d’hiver soient très importantes.

Distribution des rejets d’eaux usées dans le milieu par mois en 2025. Estimations Golfe En Transition à partir des données communiquées par GMVA.