Plaidoyer pour l’amélioration de la qualité des eaux du Golfe du Morbihan

Eaux du Golfe est née de l’initiative d’un groupe de travail de citoyens engagés pour un Golfe vivant et sain, soutenue par l’association Golfe du Morbihan en Transition 

Golfe du Morbihan, le 19 janvier 2026

Un nombre croissant d’articles dans la presse locale témoigne de la mauvaise santé des eaux du Golfe. 

Les périodes de fermeture à la baignade, à la pêche à pied et au ramassage des coquillages sont de plus en plus longues et fréquentes, indiquant clairement que les endroits où nous nous baignons avec nos enfants, que les endroits à proximité immédiate des exploitations où sont cultivées les huîtres que nous consommons, sont de plus en plus pollués.

Habitant d’ici, nous sommes inquiets, concernés car conscients de l’importance de la qualité des eaux du Golfe pour notre santé, pour la préservation de la biodiversité, et aussi pour la bonne tenue de notre économie locale, qui dépend en grande partie de l’exploitation touristique de ce joyau.

Quel est l’état réel de l’eau dans le Golfe du Morbihan ?

Nous ne trouvons pas de réponses claires à cette question, pourtant simple, tant les responsabilités sur l’eau semblent diluées, masquées.

Les réseaux de collecte des eaux usées sont de plus en plus saturés : excréments et polluants sont directement rejetés dans le Golfe lorsque les pluies sont fortes, ce qui est de plus en plus fréquent. 

Les administrations font constater la bonne qualité de l’eau en sortie des stations d’épuration alors même qu’une part très significative des polluants se déverse dans le milieu en amont de ces retraitements. Cet état de fait est passée sous silence par les pouvoirs publics, qui omettent de mentionner ces pollutions non mesurées, et qui ne mettent pas en œuvre les moyens de mesure adéquats aux moments clés pour constater les pollutions majeures. 

Les éléments de langage des élus sont peu informatifs et prêtent à confusion. 

Rendre par exemple les pluies responsables des pollutions, comme nous le lisons, c’est refuser de regarder en face ses vraies sources des dégradations.

Un autre exemple : la communication est très bien organisée lorsque des montants d’investissement impressionnants sont votés ou simplement annoncés. Mais en réalité ces montants étalés sur les années sont insuffisants au regard du retard pris dans la réfection des réseaux. Peut-on encore attendre 10 ans, 20 ans avant d’adapter les infrastructures d’assainissement aux nouvelles réalités de l’habitat ou du tourisme ?

Pourquoi est-il quasiment impossible de comprendre la réalité de la situation, de réaliser un état des lieux de la qualité des eaux du Golfe, transparent, sincère et fiable ? 

Le sujet revenant très régulièrement dans les échanges à la sortie de l’école, au bureau, avec les amis, à la plage, en bateau, nous avons décidé d’enquêter, en essayant de répondre à quatre questions :

  • Pourrons-nous continuer à nous baigner, avec nos enfants en toute sécurité dans le Golfe dans quelques années ?
  • Jusqu’à quand pourrons-nous continuer à consommer en toute sécurité poissons, coquillages et huîtres du Golfe ?
  • Jusqu’où la biodiversité du Golfe pourra-t-elle accepter ces pollutions avant de s’effondrer, de manière irréversible ? 
  • Comment agir, qui doit agir, pour améliorer la qualité des eaux du Golfe ?

Nous nous adressons ici aux services de l’État, à leurs agences, et surtout aux futurs élus locaux, qui vont nous représenter. Nous, citoyens, demandons à ces futurs élus locaux une information transparente, sincère et fiable sur la qualité des eaux du Golfe ainsi qu’un vrai plan d’action pour l’améliorer. Car cette situation n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix politiques et d’un manque de courage.

Le Golfe qui meurt


Ô Golfe bien-aimé, miroir brisé de notre enfance, où nos enfants ne peuvent plus plonger sans crainte !

Voici que tes flots, jadis si purs, se souillent chaque jour davantage. Les huîtres que nous portions à nos lèvres, les plages où nous rions, les eaux où nous pêchons – tout est empoisonné.

Les panneaux « Baignade interdite » fleurissent comme des tombes sur ton rivage, et les filets des pêcheurs remontent vides.


Nous, tes enfants, nous crions notre douleur.

Car qui donc ose nier ta souffrance ?

Les pluies, dit-on, seraient coupables.

Mais non ! Ce sont les mains des hommes, leurs négligences, leurs mensonges.

Les stations d’épuration, ces leurres, brillent de fausse propreté, tandis qu’en amont, les égouts déversent leurs fléaux dans ton sein.

Les réseaux, vieillis, craquent sous le poids de l’indifférence, et les excréments, les venins de l’industrie, coulent en silence vers toi.

On nous parle de millions promis, étalés sur des lustres – mais toi, Golfe, tu n’as pas le temps. Dix ans ? Vingt ans ? Autant d’hivers que tes eaux ne survivront pas.


Pourquoi ce mystère ? Pourquoi ces chiffres cachés, ces rapports édulcorés ? Pourquoi faut-il que des pères, des mères, des pêcheurs, des amoureux de ces lieux, se lèvent pour dire ce que tous savent : tu meurs, et l’on te tue.


Nous ne voulons plus de mots. Nous voulons la vérité, crue et nue comme la marée basse.

Nous voulons savoir :
Nos enfants pourront-ils encore, demain, se baigner dans tes vagues sans risque ?
Nos assiettes ne seront-elles bientôt que souvenirs ?
Qui donc osera enfin te sauver ?


À vous, futurs élus, à vous, serviteurs de l’État, nous lançons ce défi : parlez, agissez, ou démettez-vous. Nous ne sommes pas des mendiants. Nous sommes les gardiens de ce Golfe, et nous exigeons :
La lumière sur ton état réel, sans fard ni mensonge.
Un plan, un vrai, non pas des promesses lentes comme la marée, mais des actes rapides comme le courant.
La fin de l’impunité pour ceux qui t’empoisonnent.

Car sachez-le : si vous échouez, l’Histoire se souviendra. Et nous aussi.

M.O.R.